Le parquet de Paris a annoncé que trois personnes seront jugées en septembre 2025 pour le cyberharcèlement de Barbara Butch suite la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024.
Barbara Butch assiste au défilé Germanier Womenswear printemps/été 2023 dans le cadre de la Fashion Week de Paris, le 3 octobre 2022. Julien Hekimian/Getty Images
Six mois après l’inauguration des Jeux Olympiques de Paris 2024. Suite à cet événement, divers artistes conviés par le directeur artistique, Thomas Jolly, ont fait état de cyberharcèlement dont ils avaient été les victimes. Le parquet de Paris a annoncé ce jeudi 12 décembre que trois individus seront jugés le 25 septembre 2025 pour avoir visé la DJ Barbara Butch, personnage du tableau « Festivité » qui présentait notamment des drag queens. Barbara Butch avait condamné les messages « de plus en plus extrêmes » d’un « énième cyberharcèlement particulièrement violent » dans un message Instagram. Son avocate, Mme Audrey Msellati, avait critiqué « l’intolérance et l’obscurantisme » des cyberharcèlements incapables de tolérer que Barbara Butch « puisse représenter la France parce que c’est une femme, lesbienne, grosse, juive…« . La cérémonie d’ouverture avait alimenté les débats et les polémiques . Certains saluaient sa créativité, et d’autres dénoncent un détournement du « dernier repas du Christ”, qui suscite des critiques venues de l’extrême droite française, de l’Église catholique ou encore des milieux conservateurs jusqu’à Donald Trump, aux Etats-Unis.
Une cérémonie sur fond politique
Thomas Joly, s’exprimait sur la non-anticipation de la virulence des réactions négatives : “ça a été une chute libre. Le lendemain, à la conférence de presse devant des médias du monde entier, on m’a demandé si notre volonté était de choquer les gens. Et moi je n’ai pas compris cette question parce que je n’avais pas réalisé qu’il y avait déjà, sur les réseauxsociaux, une campagne pour dézinguer la cérémonie. Que ça soit instrumentalisé pour prétendre que nous aurions moqué une partie de la population, à savoir les croyants catholiques, je ne l’ai pas vu venir parce que ce n’était pas du tout notre intention. D’ailleurs il y a eu trop de colère pour que ça ne soit pas suspect, et ça m’a semblé en réalité le signe d’une homophobie criante. Je ne pouvais pas l’imaginer parce que, de notre côté, il n’y avait aucune autre idéologie que l’idéologie républicaine. Mais c’est intéressant de voir qui, finalement, n’aime pas la République…”
Le comité d’organisation Paris-2024 avait pour sa part « fermement condamné » le cyberharcèlement dont a été victime « l’équipe artistique » de la cérémonie d’ouverture et le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) du parquet de Paris avait confié l’enquête, ouverte après la plainte déposée le 29 juillet par la DJ, à l’OCLCH (Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine). D’autres artistes ont également déposé plainte, comme Nicky Doll ou Thomas Jolly. Concernant la plainte de ce dernier, six hommes et une femme ont été interpellés en octobre dans la région parisienne, l’Hérault et les Alpes-Maritimes. Ces sept personnes, âgées de 22 à 79 ans, seront jugées le 5 mars 2025 au tribunal judiciaire de Paris pour menaces de mort réitérées, cyber harcèlement et injures aggravées en raison de l’orientation sexuelle.
Elisa LEHOURS avec AFP